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Diabète de type 1 et diabète pendant la grossesse : ne pas confondre type et contexte

Ce contenu est un support pédagogique destiné aux professionnels du codage médical (TIM, DIM). Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas le jugement clinique du professionnel de santé en charge du patient.

Un patient est sous insuline : est-ce forcément un diabète de type 1 (E10) ? Une patiente enceinte a un diabète mentionné au dossier : préexistant ou apparu avec la grossesse ? Deux confusions fréquentes, faciles à lever une fois qu'on sait quoi chercher.

Type 1 ou type 2 : le mécanisme, pas le traitement

Le type de diabète est défini par son mécanisme, pas par le traitement en cours — l'insuline ne permet pas de trancher : un diabète de type 2 ancien devient souvent lui aussi insulinotraité, sans changer de type pour autant.

Ce qui distingue réellement les deux :

  • Type 1 : destruction auto-immune des cellules bêta du pancréas → carence en insuline absolue. Le patient ne peut pas survivre sans insuline (décompensation en acidocétose en quelques jours à l'arrêt du traitement). Installation souvent rapide, fréquemment chez l'enfant ou l'adulte jeune, mais possible à tout âge.
  • Type 2 : insulinorésistance progressive avec carence relative en insuline. Installation lente, terrain métabolique (surpoids, antécédents familiaux), reste souvent équilibré un temps sans insuline avant d'en nécessiter (insulinorequérant plutôt qu'insulinodépendant).

Indices utiles dans le dossier, au-delà du traitement en cours : ancienneté du diagnostic et âge au diagnostic, mention explicite « type 1 »/« type 2 », tendance aux décompensations acidocétosiques, dosage d'auto-anticorps s'il est fait (anti-GAD, anti-IA2 — positifs dans le type 1) ou du peptide C (effondré dans le type 1 ancien). Si le dossier ne précise vraiment rien, E14 (diabète sucré, sans précision) existe — à réserver aux cas où aucun indice n'oriente, pas un choix par défaut dès la moindre ambiguïté.

Les complications du diabète de type 1 (E10.–)

Même logique de sous-codes que pour le type 2 (E11.–) déjà connu : le chiffre après le point précise la complication, le mécanisme de fond (type 1) ne change pas.

Code Complication
E10.0 Avec coma
E10.1 Avec acidocétose
E10.2 Avec complications rénales
E10.3 Avec complications oculaires
E10.4 Avec complications neurologiques
E10.5 Avec complications vasculaires périphériques
E10.6 Avec autres complications précisées
E10.7 Avec complications multiples
E10.8 Avec complications non précisées
E10.9 Sans complication

Réflexe utile : si plusieurs complications sont documentées dans le même séjour et qu'aucune ne prédomine, E10.7 (complications multiples) prime sur le fait de n'en coder qu'une seule — avec la possibilité d'ajouter des codes supplémentaires facultatifs pour chaque complication précise en complément. Si une complication prédomine clairement (par exemple celle qui a motivé l'hospitalisation), c'est elle qu'il faut coder spécifiquement plutôt que E10.7.

Diabète et grossesse : trois situations distinctes (O24)

Le diabète chez la femme enceinte se code en O24, pas en E10/E11 — mais toutes les situations ne se valent pas :

  • O24.0 / O24.1 : diabète préexistant (type 1 / type 2), connu avant la grossesse et qui se poursuit pendant celle-ci. La patiente était déjà diabétique.
  • O24.4 : diabète survenant au cours de la grossesse — c'est le vrai « diabète gestationnel » au sens strict, généralement dépisté au 2ᵉ ou 3ᵉ trimestre, lié à l'insulinorésistance induite par les hormones placentaires. Il n'existait pas avant la grossesse.
  • O24.9 : sans précision — si le dossier mentionne un diabète pendant la grossesse sans permettre de trancher entre préexistant et apparu pendant la grossesse.
  • O24.3 : diabète préexistant, sans précision du type 1/2.

Le repère à chercher dans le dossier : une antériorité connue du diabète (même formulation qu'ailleurs — « diabétique connue depuis... ») oriente vers O24.0/O24.1 ; un dépistage positif en cours de grossesse chez une patiente jusque-là non diabétique oriente vers O24.4.

L'essentiel à retenir

Pour le type, chercher l'ancienneté et le mécanisme plutôt que le traitement du moment — l'insulinothérapie seule ne dit rien du type. Pour la grossesse, chercher si le diabète est antérieur ou apparu avec elle. Dans les deux cas, les codes « sans précision » (E14, O24.9) restent des recours, à n'utiliser que si le dossier ne donne vraiment aucun indice.