RUM, RSS, RSA : comment un séjour devient une donnée
On sait maintenant quelles hospitalisations déclenchent la production d'un RUM. Reste une question tout aussi importante : que contient réellement ce document, comment plusieurs RUM se combinent pour décrire un séjour complet, et comment cette information arrive, anonymisée, jusqu'à l'agence régionale de santé (ARS). C'est toute la mécanique du « contenu du recueil » telle que la décrit le guide méthodologique.
Le RUM : des informations administratives et médicales codées
Le résumé d'unité médicale (RUM) contient un nombre limité de rubriques, renseignées sous forme d'informations codées. Le guide distingue deux types d'informations : celles qui restent constantes tout au long du séjour, communes à toutes les unités médicales fréquentées par le patient, et celles qui sont propres à chaque unité.
Parmi les informations administratives constantes figurent par exemple le numéro FINESS de l'établissement, ou encore le numéro administratif de séjour (NAS), habituellement attribué par les services administratifs et qu'on appelle aussi « numéro de séjour » ou « numéro d'admission ».
Le RUM comporte aussi des informations médicales : les diagnostics (diagnostic principal et, le cas échéant, diagnostic relié et diagnostics associés), codés selon la CIM-10, ainsi que les actes médicaux réalisés pendant le séjour, codés selon la Classification commune des actes médicaux (CCAM).
Une règle encadre l'ensemble : le contenu du RUM doit être conforme au dossier médical du patient.
Du RUM au RSS : reconstituer le séjour complet
Un patient peut être pris en charge dans une seule unité médicale pendant son séjour, ou passer par plusieurs. C'est là qu'intervient le résumé de sortie standardisé (RSS) : il regroupe l'ensemble des RUM produits pour un même séjour dans le champ MCO.
- Si le patient n'a fréquenté qu'une seule unité, le RSS ne comporte qu'un seul RUM.
- S'il a été pris en charge dans plusieurs unités, le RSS est constitué de la suite chronologique de tous ces RUM, ordonnée sous le contrôle du médecin responsable de l'information médicale, avant classement dans un groupe homogène de malades (GHM).
Le numéro de RSS, lui, est attribué sous le contrôle de ce même médecin. Il doit être unique pour chaque séjour-patient : deux patients distincts ne peuvent pas partager le même numéro, et surtout, quand un séjour se déroule dans plusieurs unités médicales, tous les RUM qui le composent portent ce même numéro de RSS.
Un cas particulier revient souvent : quand un patient sort puis revient le même jour calendaire, cela ne compte, sauf exception, que pour un seul séjour — donc un seul RSS. Seul un événement réellement indépendant du séjour initial autorise à produire deux RSS distincts.
Chaque mois, un fichier rassemblant l'ensemble des RUM-RSS ainsi constitués, enrichis du résultat du groupage effectué par le logiciel de l'établissement, doit être produit par l'établissement de santé.
Le RSA : l'étape de l'anonymisation
Une fois le RSS constitué et groupé, il devient un résumé de sortie anonyme (RSA). Sa production est réalisée sous le contrôle du médecin responsable de l'information médicale, à partir d'un processus automatique assuré par un logiciel fourni par l'ATIH, nommé DRUIDES (Dispositif de Remontée Unifié et Intégré des Données des Établissements de Santé).
Deux règles marquent bien la différence entre RSS et RSA :
Le RSA est toujours un enregistrement unique, même quand le RSS d'origine était multi-unité. Dans ce cas, le mode d'entrée retenu est celui de la première unité fréquentée, le mode de sortie celui de la dernière, et le diagnostic principal du RSA est choisi parmi les diagnostics principaux des différents RUM, selon un algorithme appliqué par DRUIDES.
Certaines informations disparaissent ou sont transformées pour garantir l'anonymat : le numéro de RSS, le numéro administratif de séjour, et les numéros d'unité médicale — seul le nombre de RUM composant le RSS d'origine est conservé. Les données à visée documentaire, réservées à l'usage interne de l'établissement, sont également exclues.
En contrepartie, le RSA comporte des informations que le RUM et le RSS ne contenaient pas : l'âge du patient calculé à la date d'entrée (en années, ou en jours pour les enfants de moins d'un an), un code géographique attribué selon une liste nationale, la durée du séjour, le résultat du groupage, le numéro du groupe homogène de séjour (GHS), ou encore le numéro du RUM ayant fourni le diagnostic principal du séjour.
Les RSA ainsi produits sont transmis mensuellement à l'agence régionale de santé.
L'essentiel à retenir
La chaîne est toujours la même : un ou plusieurs RUM composent un RSS propre à chaque séjour-patient, identifié par un numéro unique ; ce RSS, une fois groupé, est transformé en RSA par le logiciel DRUIDES, qui retire les informations identifiantes tout en enrichissant l'enregistrement de données utiles au niveau national. C'est ce RSA anonymisé, et lui seul, qui quitte l'établissement chaque mois pour rejoindre l'ARS.